| Les géants de Nivelles |
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Recensé déjà en 1367, l'Argayon nivellois, célèbre géant de Nivelles a dû faire preuve de patience puisque ce n'est qu'en 1645 qu'il convole en justes noces avant d'accueillir quelque temps plus tard le tendre petit Lolô, gros poupon tant choyé par ses parents que par la population. Fière de ses géants, Nivelles peut se targuer de posséder les géants processionnels humains les plus vieux des anciens Pays-Bas. Dès 1367, les comptes de la ville recensent un géant du nom de Ghayant, nom qui, au fil du temps a évolué en Goliath, Gholiath, Golyas puis Golias jusqu'en 1574, époque sombre où les troubles politiques et religieux reléguèrent bon nombre de coutumes et de festivités aux oubliettes. Ce n'est que 10 ans plus tard que Golias refera surface sous le nom de Agayon puis Argayon; deux appellations qui se feront concurrence jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Bien que nos archives antérieures au 17ème s. ne nous révèlent pas de nombreux détails sur la vie de notre géant, nous savons qu'au 16ème s. Argayon participait à la procession de Saint-Michel, flanqué d'un dragon et du cheval Bayard. Vieux célibataire, notre Argayon convole pourtant en justes noces avec l'Argayonne qu'il ne connaît que depuis 1645. De cet amour tendre naquit él Lolô, gros poupon portant sa légendaire tétine autour du cou (en langage populaire, Lolô désigne un personnage niais et puéril quel que soit son âge). C'est donc au 17ème s. que la famille au complet accompagne la rentrée de la procession du Tour sainte-Gertrude, suivie pour l'occasion de diverses "bêtes" qui remplaçaient le cheval Bayard dont on ne trouve plus trace dans les comptes ultérieurs à 1598-1599. Cette "ménagerie" était constituée également du Dragon (1596), du cheval Godet (1637), de l'aigle (1637), du Lion (1640), de la Licorne (168) et du Chameau (1713). A la fin du 18ème s., la fermeté réformatrice de Joseph II frappat non seulement bon nombre d'institutions mais également les géants et leurs acolytes qui furent tous interdits de procession et vendus aux enchères (1786). Fort heureusement, les nivellois retrouvèrent leurs géants et le cheval-Godet lors des fêtes nationales de 1806. Par contre ils durent attendre 140 années supplémentaires avant de voir réapparaître au cœur de leurs festivités, la ménagerie, réduite aux seuls Lion, Dragon et Chameau. Après une chute dans la Thines, rivière qui coule à Nivelles, et une nouvelle mise à l'écart de quelques années (1888), la famille, habillée de neuf, partageat à nouveau la liesse populaire lors du 25ème anniversaire du règne du roi Léopold II, journée mémorable au cours de laquelle l'Argayonne perdit la tête en pleine rue. Les bombardements de mai 1940 eurent également raison des géants nivellois et de leur ménagerie. Mais grâce à leur restauration d'après des croquis de Paul Collet datant de 1929, des photos d'Octave Sanspoux (1930) et grâce à la reconstruction progressive de la Ménagerie, initiée par l'Office du Tourisme de Nivelles, nos géants ont pu reprendre leurs activités. C'est en effet le 21 mai 1950 que la famille effectuait sa première sortie à Nivelles, accompagnée par le cheval-Godet. Ensuite, nos géants ont participé à plusieurs sorties notamment aux Etats-Unis en 1978 (Alabama)où l'Argayonne, entre autres, représentait les géants de Belgique à l'occasion d'une semaine belge. En 1986, la reconstruction de chaque animal était achevée et chacun était doté d'un parrain ou d'une marraine. |